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8 semaines sans obscurité

Du bloc les plus pittoresque de l'Europe

par Jeanne Garnier.

 

Au sud de la Suède quand (déjà !) nous quittons la Scandinavie et ses jours interminables, nous nous rendons compte que nous revoyons la nuit pour la première fois depuis 2 mois. 2 mois de lumière incroyable, de paysages époustouflants, de vie dans une petite caravane qui se perd sur la côte norvégienne ou dans les montagnes de ce magnifique pays qui a surpassé toutes nos attente. Quand nous sommes partis, nous avions vus quelques vidéos de bloc promettant de très belles lignes, mais qui aurait imaginer la profusion de blocs, l’envie de s’arrêter tous les 15km pour ouvrir un nouveau secteur. Nous avions vu quelques photos, mais  nous étions très loin de penser que la Norvège nous offrirait des possibilités d’image à chaque instant, qu’après avoir photographier pendant des heures, la beauté s’impose à nous et nous force à déposer nos caméras et à profiter de ces moments éphémères.

 

 Un mélange de lumière et paysage qu’on ne trouve pas partout.

 

Mais commençons par le commencement et le premier site de bloc que nous visitons, Matre, à 60 km au nord de Bergen. Les premières impressions seront celles qui nous accompagneront tout au long du voyage, il est difficile de trouver le spot, il pourrait être un peu partout, les topos sont tous vendus et pas un grimpeur à l’horizon. Matre, c’est un le Tessin, les fjords remplacent les lacs, les montagnes sont arrondies par des glaciers disparus et les grimpeurs et touristes sont métamorphosés en sympathiques moutons.

 

Bergen High à Matre. Une des 40 nouvelles lignes qu’on a brossée au long du voyage.

 

Nous reprenons le chemin du Nord et arrivons à Harbak. Situé sur une presqu’île au nord de Trondheim et orienté ver l’ouest, nous omettrons la description de tous les couchers de soleil, mais si vous saviez ! C’est un point d’attraction pour les grimpeurs cherchant la difficulté et effectivement, nous trouvons un granit incroyablement sculpté par l’eau et l’air marin. Les blocs de Harbak sont concentrés en un endroit sous une cave, qui elle aussi sert de défouloir en cas de pluie.  Et, miracle, d’autres gens y passent un moment avec nous. Sur leur conseil nous repartons pour Vingsand, à peine plus au nord, où nous attend, selon les rumeurs et Internet, le spot plus en mode du moment. Mais à Vingsand les secteurs sont repartis un peu partout et très difficile à trouver sans topo, indépendamment du fait que les Norvégiens semblent apprécier de grimper dans des caves et sur les petites îles de la côte. Nous apprenons tout cela qu’un peu tard, alors que nous avons ouverts quelque petits blocs nous-même et seulement trouvé le « Diamant ».

 

 A 00:01:23 de la "nuit" la plus courte de l'année pres de Matre.

 

Après un enchaînement rapide d’un 8A à Matre, l’espoir nous revient que la forme de Pirmin n’est pas trop endommagée par le printemps le plus terrible pour la grimpe qu’il y ait eu. Pirmin s’essaie à Focus 8A+ à Harbak et au Diamanten 8B à Vingsand mais la chaleur nous chasse du premier et la pluie du deuxième. Et alors que le reste des cotations en Norvège et relativement douces, il faut bien avouer que les blocs de Nalle sont cotés bien dur.

 

 
 La soirée en contre jour. Scène typique à Harbak.

 

S’ensuit notre première phase de véritablement mauvais temps, nous fuyions toujours plus au nord, vers Straumen. Un site que nous explorons avant tout sous la pluie, mais qui vaut quand-même un détour, avec ses blocs très sculptés dans la forêt ( mmh… les myrtilles)et ses adorables petits lacs.

 

 La perfection du granite à Straumen.

 

Grâce aux recommandations d’Adam Ondra nous partons à la recherche de la Magic Valley, Gjerdalen. La magie opère, nous resterons 3 semaines au milieu de montagnes aux formes étranges, des glaciers et des plaques de granit rouges immenses où coule un filet d’eau tiède. Le site dont nous avions entendu parler a disparu sous un pan de montagne qui s’est écroulé, mais les environs regorgent d’autres possibilités et nous ouvrons de nombreuses nouvelles lignes.

 

L'autrice dans un nouveau bloc-crevasse à Gjerdalen.

 

Le temps commence à nous rattraper et après un détour sur la presqu’île de Steigen où nous accueille la lumière la plus folle que nous ayons vu (si Dieu existe, il se cache en Norvège). Nous repartons vers les Lofoten, le cœur chargé, la fin du voyage approche, mais cet archipel nous console bientôt par sa singularité et réconcilie aussi Pirmin avec sa forme. Il flashe un 7C et un 7C + et doit interrompre le flash d’un 8A+ pour cause d’absence de spotter, Mais ce n’est que partie remise et l’ascension se fait le lendemain, L’impression d’un vrai voyage de bloc revient : Topo sur internet, cotations faciles, accès courts. 3500km de route nous attendent.

 

Du bloc "civilisé" comme il le faut sur les Lofoten: On tombe sur la route ;).

 

Pourtant nous n’oublierons pas la solitude de Gjerdalen, les marches interminables, le soleil écrasant sur les glaciers et le bonheur de se sentir vivre à plein poumons.

Et nous reviendrons, au seul endroit qui sait faire oublier la grimpe aux grimpeurs par la profusion de blocs et l’infinité de ses possibilités.

 

 
 350m de 3500km du trajet de retour.

 

(La phrase en bas, c'est un bug)

Une des 40 nouvelles lignes qu’on a brossée au long du voyage.

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